Arrêtons de parler de sport féminin!

Ne parlons plus de sport féminin!

Non, je ne me suis pas subitement rendue compte que le sexisme dans le sport avait disparu, que les sportives avaient envahi l’espace médiatique au détriment des hommes, ou que ceux-ci fournissaient un spectacle décidément plus sympa…

On va bien continuer de parler de sport et de sportives… mais pas de sport féminin.

Tout d’abord « Le sport n’est ni masculin ni féminin »: c’est ce qu’affirme l’intervenante Dominique Crochu dans l’émission Actuelles du 25 janvier sur France 24.  C’est nous qui avons attribué les activités sportives plutôt aux hommes ou plutôt aux femmes, selon des critères qui n’ont pas grand-chose à voir avec la nature et tout à voir avec nos stéréotypes de genre. En réalité, le sport se fiche du genre! Ajouter « féminin » à « sport » induit une différence. Pourtant nous apprenons les mêmes techniques et respectons les mêmes règles! Le football joué par des femmes… reste du football-tout-court. Un autre preuve est le simple fait qu’un sport « féminin » dans un pays peut être « masculin » dans un autre, et inversement: le football est un sport de femmes aux USA, et d’hommes en Europe du Sud. De même que le yoga,  considéré comme un sport de femme en Europe, est une discipline d’hommes en Inde.

Ensuite, on a certes beaucoup parlé de « promotion du sport féminin » ces derniers temps, notamment lors des « 24h du sport féminin » dont la 2e édition s’est déroulée le 24 janvier dernier. Et si on commence à voir des matchs féminins de foot ou de rugby à la télévision, on ne prend pas vraiment le chemin de l’égalité de traitement entre sportifs et sportives. Eux sont des surhommes, des forces de la nature qui font rêver les foules tant par leurs vies de stars que par leur performances hors normes. Elles sont des héroïnes courageuses qu’on admire un peu pour les sacrifices qu’elles font, et beaucoup pour leur physique car elles savent rester féminines.

De la même manière qu’on dit « Equipe de France » pour qualifier l’équipe nationale masculine et « Equipe de France féminine » pour parler de leurs homologues femmes, les médias nous vendent à présent deux produits: « le sport » tel qu’on le connaît, et « le sport féminin ».  (C’est ce qu’explique entre autre cet article de l’excellent blog Genre & Sport). Le spectacle « sport féminin » est supposé s’ajouter au « sport », sans s’y intégrer, et surtout sans le modifier! Sans que personne ne s’interroge sur les incohérences de ce système. .. On n’a toujours pas entendu que pour qu’on voie plus de femmes dans les médias sportifs, il faudrait moins d’hommes! Que pour que plus de compétition féminines soient retransmises, il fallait diffuser moins de compétitions masculines! En bref, on veut bien que les femmes prennent plus de place mais sans empiéter sur celle des hommes. Ce discours lénifiant, censé briser le cliché des féministes anti-hommes, a vécu. Il va falloir admettre et faire admettre que les hommes ont trop, et qu’ils vont devoir avoir moins pour que les femmes aient plus. Ce n’est pas de la misandrie, ce n’est pas de l’hystérie, et on ne veut pas supprimer les hommes du paysage médiatique; il s’agit simplement de donner aux sportives la place qu’elles méritent: la moitié! Cela ne peut pas se faire en une seule fois, et n’impliquer que le haut niveau. Le sport amateur et le sport scolaire sont également concernés. Et nous tous, garçons et filles (car les garçons aussi ont tout intérêt à l’égalité).

Non, on ne doit plus parler de sport féminin! Nous devons repenser notre rapport aux sportives, mais cette réflexion implique de remettre en cause le sport dans son ensemble. Chiche?

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4 réflexions sur “ Arrêtons de parler de sport féminin! ”

  1. Très bon article 😉 avec lequel je suis tout à fait d’accord! On précise toujours (par exemple) « match de foot féminin » alors que pour les hommes on se contente de « match de foot ». Donc non! Il n’y a pas de sous-catégorie. Pour ma part, je parle toujours d’un match de foot masculin quand c’est le cas car si on précise le féminin pour les femmes, je ne vois pas pourquoi ne pas mentionner le masculin pour les hommes.

  2. « On va bien continuer de parler de sport et de sportives… mais pas de sport féminin. »

    Une absurdité sans nom à l’heure ou les deux sexes sont séparés dans la pratique du sport retransmis à la télé.Comment présenter correctement le contexte si l’animateur ne précise pas si il s’agit d’hommes ou de femmes ? Il faut penser aux spectateurs/trices (oups emploi du féminin = stigmatisation = injection létale ?) sur lesquels cela influe sur leur choix de regarder ou non la retransmission.

    « Tout d’abord « Le sport n’est ni masculin ni féminin »: c’est ce qu’affirme l’intervenante Dominique Crochu dans l’émission Actuelles du 25 janvier sur France 24. C’est nous qui avons attribué les activités sportives plutôt aux hommes ou plutôt aux femmes, selon des critères qui n’ont pas grand-chose à voir avec la nature et tout à voir avec nos stéréotypes de genre. En réalité, le sport se fiche du genre! Ajouter « féminin » à « sport » induit une différence. »

    Quelle coupeuse de cheveux en quatre cette Dominique Crochu.Si cette mention est ajoutée, c’est par commodité de langage.Ce n’est pas pour induire une différence, c’est parce que les sexes sont séparés et qu’il y a moins de sport féminin retransmis donc la précision est souhaitable.Quand la personne présente une rencontre, il n’est pas rare qu’elle dise « Les hommes de XXX -nom de l’entraîneur Didier Deschamps,Bernard Laporte etc…-jouent gros ce soir » on lui interdit de faire la mention de genre sous peine de chaise électrique ? Quand le visage de tel judoka ou de tel nageur apparaît à l’écran pour présenter l’événement, on convoque l’équipe de réalisation et on leur colle une balle dans la nuque à tous pour avoir omis de flouter les visages qui laissaient deviner le genre masculin ?

    « De la même manière qu’on dit « Equipe de France » pour qualifier l’équipe nationale masculine et « Equipe de France féminine » pour parler de leurs homologues femmes, les médias nous vendent à présent deux produits: « le sport » tel qu’on le connaît, et « le sport féminin ». (C’est ce qu’explique entre autre cet article de l’excellent blog Genre & Sport). Le spectacle « sport féminin » est supposé s’ajouter au « sport », sans s’y intégrer, et surtout sans le modifier! Sans que personne ne s’interroge sur les incohérences de ce système. .. On n’a toujours pas entendu que pour qu’on voie plus de femmes dans les médias sportifs, il faudrait moins d’hommes! Que pour que plus de compétition féminines soient retransmises, il fallait diffuser moins de compétitions masculines! En bref, on veut bien que les femmes prennent plus de place mais sans empiéter sur celle des hommes. Ce discours lénifiant, censé briser le cliché des féministes anti-hommes, a vécu. Il va falloir admettre et faire admettre que les hommes ont trop, et qu’ils vont devoir avoir moins pour que les femmes aient plus. Ce n’est pas de la misandrie, ce n’est pas de l’hystérie, et on ne veut pas supprimer les hommes du paysage médiatique; il s’agit simplement de donner aux sportives la place qu’elles méritent: la moitié! Cela ne peut pas se faire en une seule fois, et n’impliquer que le haut niveau. Le sport amateur et le sport scolaire sont également concernés. Et nous tous, garçons et filles (car les garçons aussi ont tout intérêt à l’égalité). »

    Toute l’argumentation est fallacieuse puisque si les femmes sont nettement moins représentées que les hommes, ce n’est pas le fruit d’un complot fomenté contre elles mais parce que les diffuseurs ne sont pas débiles : moins de sport masculin impliquerait un manque à gagner effroyable et ça, ils n’en veulent pas.De plus,les hommes restent majoritairement ceux qui présentent le plus grand intérêt pour le sport,raison pour laquelle la quête de l’égalité parfaite est chimérique.Ils sont les plus intéressés,donc ils sont plus doués, donc leurs performances sont meilleures, donc le public aime, donc les chaînes préfèrent l’immobilisme bien qu’elles déroulent régulièrement le tapis rouge osexkonapaldroidcité,harcelées qu’elles doivent être par toute une ribambelle d’associations outrancièrement victimaires.

    1. A l’évidence vous faites mine de ne pas comprendre.
      Il ne s’agit pas de camoufler le genre des sportifs et sportives… mais d’admettre que le terme « sport » regroupe hommes et femmes. Pour moi, quelqu’un qui aime le foot aimera voir des matchs indépendamment du fait qu’ils soient joués par des femmes ou des hommes!

      Et si je suis d’accord avec vous sur le fait qu’aujourd’hui les hommes pratiquent plus de sport et en regardent plus, je ne me satisfait pas de ce constat. Je n’estime pas que c’est le fruit de choix individuels, ou de différences naturelles comme vous semblez l’insinuer.
      Les femmes aiment le sport et aiment le pratiquer, quand leur en donne le choix et la possibilité. Et ça ne passe certainement pas par la promotion d’un « sport féminin » nécessairement différent et moins performant.

  3. ON CALIFIE LES FEMMES DES OBJETS ET QUELLEs n on par le droit de ce distrait tout comme les hommes; c est une autre forme de discrimination contre la ofemme ;elles on le droit de pratique le sport qui leur senble evident pour leur distraction.

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